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dinsdag, maart 31, 2009

MORE ST MALO


L'Azur

De l'éternel azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs,
Le poëte impuissant qui maudit son génie
À travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l'intensité d'un remords atterrant,
Mon âme vide. Où fuir? Et quelle nuit hagarde
Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant?

Brouillards, montez! Versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Qui noiera le marais livide des automnes
Et bâtissez un grand plafond silencieux!

Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse
En t'en venant la vase et les pâles roseaux,
Cher Ennui, pour boucher d'une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.

Encor! que sans répit les tristes cheminées
Fument, et que de suie une errante prison
Éteigne dans l'horreur de ses noires traînées
Le soleil se mourant jaunâtre à l'horizon!

- Le Ciel est mort. - Vers toi, j'accours! donne, ô matière,
L'oubli de l'Idéal cruel et du Péché
À ce martyr qui vient partager la litière
Où le bétail heureux des hommes est couché,

Car j'y veux, puisque enfin ma cervelle, vidée
Comme le pot de fard gisant au pied d'un mur,
N'a plus l'art d'attifer la sanglotante idée,
Lugubrement bâiller vers un trépas obscur...

En vain! l'Azur triomphe, et je l'entends qui chante
Dans les cloches. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoire méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angelus!

Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu'un glaive sûr;
Où fuir dans la révolte inutile et perverse?
Je suis hanté. L'Azur! l'Azur! l'Azur! l'Azur!

Stéphane Mallarmé



St Malo I





Le guignon

Au-dessus du bétail ahuri des humains
Bondissaient en clarté les sauvages crinières
Des mendiants d'azur le pied dans nos chemins.

Un noir vent sur leur marche éployé pour bannières
La flagellait de froid tel jusque dans la chair,
Qu'il y creusait aussi d'irritables ornières.

Toujours avec l'espoir de rencontrer la mer,
Ils voyageaient sans pain, sans bâtons et sans urnes,
Mordant au citron d'or de l'idéal amer.

La plupart râla dans les défilés nocturnes,
S'enivrant du bonheur de voir couler son sang,
O Mort le seul baiser aux bouches taciturnes!

Leur défaite, c'est par un ange très puissant
Debout à l'horizon dans le nu de son glaive:
Une pourpre se caille au sein reconnaissant.

Ils tettent la douleur comme ils tétaient le rêve
Et quand ils vont rythmant de pleurs voluptueux
Le peuple s'agenouille et leur mère se lève.

Ceux-là sont consolés, sûrs et majestueux;
Mais traînent à leurs pas cent frères qu'on bafoue,
Dérisoires martyrs de hasards tortueux.

Le sel pareil des pleurs ronge leur douce joue,
Ils mangent de la cendre avec le même amour,
Mais vulgaire ou bouffon le destin qui les roue.

Ils pouvaient exciter aussi comme un tambour
La servile pitié des races à voix terne,
Égaux de Prométhée à qui manque un vautour!

Non, vils et fréquentant les déserts sans citerne,
Ils courent sous le fouet d'un monarque rageur,
Le Guignon, dont le rire inouï les prosterne.

Amants, il saute en croupe à trois, le partageur!
Puis le torrent franchi, vous plonge en une mare
Et laisse un bloc boueux du blanc couple nageur.

Grâce à lui, si l'un souffle à son buccin bizarre,
Des enfants nous tordront en un rire obstiné
Qui, le poing à leur cul, singeront sa fanfare.

Grâce à lui, si l'une orne à point un sein fané
Par une rose qui nubile le rallume,
De la bave luira sur son bouquet damné.

Et ce squelette nain, coiffé d'un feutre à plume
Et botté, dont l'aisselle a pour poils vrais des vers,
Est pour eux l'infini de la vaste amertume.

Vexés ne vont-ils pas provoquer le pervers,
Leur rapière grinçant suit le rayon de lune
Qui neige en sa carcasse et qui passe au travers.

Désolés sans l'orgueil qui sacre l'infortune,
Et tristes de venger leurs os de coups de bec,
Ils convoitent la haine, au lieu de la rancune.

Ils sont l'amusement des racleurs de rebec,
Des marmots, des putains et de la vieille engeance
Des loqueteux dansant quand le broc est à sec.

Les poëtes bons pour l'aumône ou la vengeance,
Ne connaissent le mal de ces dieux effacés,
Les disent ennuyeux et sans intelligence.

« Ils peuvent fuir ayant de chaque exploit assez,
» Comme un vierge cheval écume de tempête
» Plutôt que de partir en galops cuirassés.

» Nous soûlerons d'encens le vainqueur de la fête:
» Mais eux, pourquoi n'endosser pas, ces baladins,
» D'écarlate haillon hurlant que l'on s'arrête! »

Quand en face tous leur ont craché les dédains,
Nuls et la barbe à mots bas priant le tonnerre,
Ces héros excédés de malaises badins

Vont ridiculement se pendre au réverbère.

Stéphane Mallarmé

maandag, maart 16, 2009






Random Bits

"I often perceive my native language as alien. Not until I found
myself abroad did I notice that my fellow countrymen communicate in a
kind of half-language, half-swallowing their words and uttering
semi-sounds. I experience my native language as an attempt by a
linguistic invalid to vonvey even the simplest though through
gestures, grimaces and intonations. Conversations among my
compatriots seem long, exhausting and devoid of content. Instead of
talking, they seem to be stroking each other with words, spreading a
soothing, sonorous saliva over one another...."


and then a little later, speaking about a colleague from Zagreb: "He
had a Zagreb way of talking that gone my nerves - the la-di-da stress
on the last syllable, the constant use of reflexives, verbal forms
referring to the self, that made him sound intimately related to
everything other on earth..."


both from: The Ministry of Pain by Dubravka Ugrešić

*****

pensée: a thought expressed in literary form. A pensée can be short and in a specific form, such as an aphorism or epigram, or it can be as long as a paragraph or a page. The term originated with French mathematician and philosopher Blaise Pascal, whose Pensées (1670) was a collection of some 800 to 1,000 notes and manuscript fragments expressing his religious beliefs. The form was particularly popular in French literature, as in Denis Diderot’s Pensées philosophiques (1746).

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Bay of Fundy:

The Bay of Fundy is known for its high tidal range and the bay is contested as having the highest vertical tidal range in the world with Ungava Bay in northern Quebec and The Severn Estuary in the UK


The river becomes the Severn Estuary after the Second Severn Crossing between Severn Beach, South Gloucestershire and Sudbrook, Monmouthshire. The river then discharges into the Bristol Channel which in turn discharges into the Celtic Sea and the wider Atlantic Ocean. The Severn's drainage basin area is 11,420 square kilometres (4,409 sq mi), excluding the River Wye and Bristol Avon which flow into the Bristol Channel.

dinsdag, maart 10, 2009






BRISTOL MORN WALKS, II

Back by popular demand, a further in the series of early morning/dawn walks around the city of Bristol, UK.





BRISTOL MORNS

For a little home-style touch, these are some photos taken around Bristol over the last week on early morning walks:

dinsdag, februari 10, 2009

Honesty For a Change?

Four senior bankers were grilled by the Treasury select committee revealing their incompetence and lack of qualifications.

One wonders how they were ever in the positions they were in to begin with...

Sir Tom McKillop, the former chairman of the Royal Bank of Scotland and Sir Fred Goodwin, RBS's former chief executive, and Andy Hornby and Lord Stevenson, respectively the former chief executive and chairman of HBOS admitted:

•They did not have any formal banking qualifications.

• Hornby was still being paid £60,000 a month to work as a consultant for HBOS.

• McKillop did not fully understand some of the complex financial instruments his bank was using.


Shouldn't this hearing/meeting have come in front of the gallows or guillotine?

Profound and unqualified apologies.

Big fucking deal. How about handing back all that ill-gotten gain and a dozen pints of blood to go with it?

The funny thing is all this rubbish about bonuses and absurdist salaries being required to attract qualified staff and yet all those bonuses and absurdist salaries attracted scum. Well paid, unqualified scum. So should anyone bother listening to anything they are saying?

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Part of the series: Down the Yangtze River
Picture: KEVIN LEE

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And, given the snow and images in the UK over the last week or so, how about a little snowman and a Highland cow?



Picture: PA